Interview



Interview de Christophe Raimbault


JdrMag : Qui êtes-vous ?
CR : J'ai 20 ans, et j'entre cette année dans une école d'ingénieur en informatique à Orsay. Comme beaucoup j'ai connu le monde du jeu avec Magic. J'ai fait ensuite pas mal de jeux de rôle pour me tourner très rapidement vers les jeux de plateaux. Je suis depuis peu rédacteur chez Plato magazine.

JdrMag : Quel type de joueur êtes-vous ?
CR : Je joue à tout mais surtout à n'importe quoi. Les jeux où il faut se creuser la tête m'attirent particulièrement, toutefois, plus le temps passe plus je rechigne à faire des parties de plus d'une heure et demie. J'aime donc les jeux où une certaine intensité se ressent tout au long de la partie. Chaque jeu doit trouver son propre rythme, pourtant les tours trop longs ou bien encore les fins de parties interminables cassent ce rythme.

JdrMag : Jouez vous régulièrement ?
CR : Mes amis vous diront que si je ne suis pas en train de jouer, c'est sûrement que je suis malade. Je vais très régulièrement aux soirées organisées par les ludothèques. J'aime bien jouer souvent avec des gens différents, le jeu permet d'apprendre à mieux connaître les gens autour de sois.

JdrMag : Quels sont les jeux et les univers que vous affectionnez particulièrement ?
CR : Pour les univers je fais partie de la génération médiéval-fantastique. Par exemple j'aime beaucoup les univers de Rêve de dragon (jeu de rôle Denis Gerfaud) et de Agone (Mathieu Gaborit). Pour ce qui est des jeux, ce n'est vraiment pas facile, il y en a tellement. Je suis très friand des jeux à deux comme par exemple dungeon twister, Mr Jack ou Kahuna, j'ai toujours apprécié les duels.

JdrMag : Quel est le type, le thème du jeu ?
CR : Hacker est un jeu d'ambiance sur le thème du piratage informatique. Le but du jeu est de réussir à placer ses cartes virus sur les comptes bancaires des adversaires, mais le tout est de le faire discrètement. Si vous vous faites surprendre, vos virus ont de grandes chances de se révéler inefficaces. Chacun son tour on doit aller pirater la banquer, c'est à dire aller tirer une carte dans la pioche de billets qui n'est pas sur la table de jeu et souvent à reculons. Ce qui provoque souvent des situations pour le moins coquaces. Les qualités d'un bon hacker sont le bluff, la mémoire et la furtivité.

JdrMag : A qui s'adresse le jeu ?
CR : Je pense que Hacker peut plaire à un large public, autant aux joueurs occasionnels qu'aux joueurs confirmés.

JdrMag : Comment vous est venue l'idée du jeu ?
CR : Quand je crée un jeu je recherche une impression, un sentiment lorsque l'on joue son tour qui me plaît particulièrement. Au départ, l'idée directrice était un jeu où l'on peut tricher. Mes premières idées tournaient autour d'une partie de poker où certaines actions permettaient de mettre des cartes dans les manches, de s´échanger des cartes... Depuis ça a pas mal changé, j'ai bien vite écarté l'idée d'un jeu de cartes classique pour me concentrer sur le concept de triche qui me plaisait particulièrement. Il se trouve que l'on a pas l'habitude de tricher dans un jeux et c'est devenu un sport exclusivement réservé à la caste des mauvais joueurs. Pour Hacker il fallait donc trouver un mécanisme qui permette de tricher dans les règles du jeu ce qui n´était pas gagné d'avance. Placer des cartes sans se faire voir n'est pas vraiment de la triche, mais je trouve que l'impression qui se dégage en jouant est très proche. Evidemment il fallait à se moment rajouter une distraction : le piratage à la banque, sans quoi il serait quand même très difficile de se faire surprendre.

JdrMag : Comment s'est passé s'est passé le développement avec les éditeurs ?
CR : Le jeu en lui même n'a pas été beaucoup modifié depuis que je l'ai présenté en à Guillaume Besançon et à Jean-François Marchal fin mars . Ils m'ont toutefois aidé à simplifier et fluidifier la résolution des attaques de compte bancaires. La règle du cryptage est d'ailleurs passée en règle avancée. C'est une règle qui permet de donner un avantage aux billets de faible valeurs lorsqu'ils sont dans vos comptes. Je trouve qu'elle équilibre le jeu mais c'est vrai qu'elle ralonge un peu la durée des parties. Je vous conseille tout de même de jouer avec dès que les règles de bases sont bien assimilées.

JdrMag : Combien de temps vous a-t-il pris ?
CR : C'est une question qui revient souvent mais il est généralement très difficile d'estimer le temps qu'a pris un jeu pour aboutir. J'aimerait ne prendre du temps uniquement pour inventer de nouveaux mécanismes. Mais ensuite, on est obligé très rapidement de s'improviser graphiste, webmaster...

JdrMag : Quelles sont les difficultés pour éditer un jeu ?
CR : La première difficulté est bien sûr de trouver un éditeur. Hacker est composé uniquement de cartes et l'investissement de départ est peu élevé pour l´éditeur. Hacker est mon premier jeu édité et je savais bien que ce dernier avait beaucoup plus de chances d´être édités que d'autres de mes jeux contenant plus de matériel.

JdrMag : Sur quels projets travaillez-vous en ce moment ?
CR : J'espère bien que Hacker est juste le premier jeu d'une grande série, l'avenir nous le dira. J'ai toujours beaucoup d'idées mais le problème est de trouver le temps de toutes les développer. Pour l'instant j'ai en particulier un jeu que j'aimerais bien faire éditer, bien sûr reste à trouver l´éditeur. Je n'ai pas envie d'essayer d´éditer un jeu s'il ne me satisfait pas véritablement et je suis plutôt exigeant à ce niveau.